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2mais avec quels mots seulement pourrai-je encore continuer à dire
maintenant que tous me semblent tellement usés, à force de traverser
cette bouche ; à la longue ils me fatigueraient, s'ils continuaient
sans cesse à revenir, à me tourner la langue, que d'ailleurs je me suis
asséché d'un soleil entier qui s'inclinait, mais qui penchait tant et
si bien qu'il finit par ne plus rien éclairer du tout, une lumière rase
et refroidie, au plus près du sol et de la terre, comme perdue dans les
mains du silence, une vacance pour l'étoile presque, ou pour le moins
une décision de la rendre, de la laisser au plus offrant, une manière
comme une autre de lui intimer de s'en aller, voilà, qu'elle me laisse
dans ma solitude dorénavant, qu'elle me préserve d'elle, qu'elle
disparaisse, ou qu'elle se taise, à jamais, et que je puisse demeurer
l'analphabète, le verso du poème, l'oublié, ou alors qu'elle me mange,
définitivement, que nous n'en parlions plus, le temps de s'interrompre
au beau milieu de l'autre, le nocturne, celui qu'on attendait plus, à
portée de vue pourtant, à quelques encablures de la démence ; TrackbacksThe trackback URL for this entry is: http://pierozone.spaces.live.com/blog/cns!AAEA090BEE3035B2!291.trak Weblogs that reference this entry
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