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-1É uma fotografia do pai. Olho-a, hoje ; o pai não está na fotografia. É uma fotografia minha, alguns minutos de vida ; estou sobre a barriga da mãe. É uma fotografia do pai. Olho-a, hoje ; o pai não está mesmo na fotografia. É uma fotografia minha, alguns minutos de vida ; estou sobre a barriga da mãe, e há a sombra do pai em toda a volta. É uma fotografia da sombra do pai. Olho-a, hoje ; olho para a fotografia da sombra do pai. É uma fotografia minha, alguns minutos de vida ; estou sobre a barriga da mãe, a fotografia está mal centrada, o rosto da mãe não aparece lá, e há a sombra do pai em toda a volta. Há dez minutos que olho para a fotografia tirada pelo pai, com trinta anos nessa altura, dez minutos após o meu nascimento. Olho para a fotografia do meu nascimento, invadida pela sombra do pai, desertada pela mãe. Olho para essa fotografia, hoje, dia dos meus trinta anos. Olho para os trinta anos do meu pai que não aparecem na fotografia, mas em toda a volta. Há dez minutos que tento lembrar-me do meu décimo minuto de vida a partir de uma fotografia invadida pelo pai, desertada pela mãe. Nessa fotografia, o meu outro eu veria só eu, aquele que tem dificuldades para se ver lá. Um outro do qual eu poderia tirar-me uma fotografia olhando para a fotografia do seu nascimento, tirada pela sombra invasora do pai, desertada pela mãe. Será a fotografia de uma lembrança que se procura, que se recusa a ela própria. Será a fotografia da minha sombra, ou a sombra da minha fotografia. Um outro no qual eu poderia debruçar-me e fazer pesar a sombra. Será eu à sombra da memória que cresce. É uma fotografia minha sobre a barriga da mãe, tirada pelo pai, no dia do nascimento. Olho-a. Ela foi posta numa moldura. A moldura fora guardada numa caixa. A fotografia está inclinada, o rosto da mãe não aparece lá, a sombra do pai invade-a. Acho que já vi essa fotografia. Não consigo lembrar-me disso. Lembro-me da sombra do pai. Lembro-me da ausência da mãe. Não consigo saber se já vi essa fotografia. Debruço-me. É uma fotografia minha sobre a barriga da mãe, tirada pelo pai, no dia do nascimento. Alguém me tira uma fotografia olhando para a fotografia do meu nascimento. Alguém olha para a fotografia que está a tirar da sombra da minha mémoria. Estou à sombra da memória que cresce. Estou na fotografia. É uma fotografia minha. ________ C’est une photographie du père. Je la regarde, aujourd’hui, le père n’est pas sur la photographie. C’est une photographie de moi, âgé de quelques minutes, je suis sur le ventre de la mère. C’est une photographie du père. Je la regarde, aujourd’hui ; le père n’est pas vraiment sur la photographie. C’est une photographie de moi, âgé de quelques minutes, je suis sur le ventre de la mère, et tout autour il y a l’ombre du père. C’est une photographie de l’ombre du père. Je la regarde, aujourd’hui ; je regarde la photographie de l’ombre du père. C’est une photographie de moi, âgé de quelques minutes, je suis sur le ventre de la mère, la photographie est mal cadrée, le visage de la mère n’y apparaît pas, et tout autour, il y a l’ombre du père. Il y a dix minutes que je regarde la photographie prise dix minutes après ma naissance par le père alors âgé de trente ans. Je regarde la photographie de ma naissance, envahie par l’ombre du père, désertée par la mère. Je regarde cette photographie, aujourd’hui, jour de mes trente ans. Je regarde les trente ans de mon père qui ne sont pas sur la photographie, mais tout autour. Il y a dix minutes que je cherche à me souvenir de la dixième minute de ma vie, à partir d’une photographie envahie par le père, désertée par la mère. Sur cette photographie, un autre de moi ne verrait que moi, qui a du mal à s’y voir. Un autre que moi pourrait prendre une photographie de moi regardant la photographie de sa naissance prise par l’ombre envahissante du père, désertée par la mère. Ce serait la photographie d’un souvenir qui se cherche, qui se refuse à lui-même. Ce serait la photographie de mon ombre, ou l’ombre de ma photographie. Un autre que moi pourrait se pencher et faire peser l’ombre. Ce serait moi à l’ombre de la mémoire qui s’agrandit. C’est une photographie de moi sur le ventre de la mère, prise par le père le jour de la naissance. Je la regarde. Elle a été mise dans un cadre. Le cadre avait été rangé dans une boîte. La photographie penche, le visage de la mère n’y apparaît pas, l’ombre du père l’envahie. Je pense que j’ai déjà vu cette photographie. Je n’arrive pas à m’en souvenir. Je me souviens de l’ombre du père. Je me souviens de l’absence de la mère. Je n’arrive pas à savoir si j’ai déjà vu cette photographie. Je penche. C’est une photographie de moi sur le ventre de la mère, prise par le père le jour de la naissance. Quelqu’un prend une photographie de moi regardant la photographie de ma naissance. Quelqu’un regarde la photographie qu’il prend de l’ombre de ma mémoire. Je suis à l’ombre de la mémoire qui s’agrandit. Je suis sur la photographie. C'est une photographie de moi. TrackbacksThe trackback URL for this entry is: http://pierozone.spaces.live.com/blog/cns!AAEA090BEE3035B2!282.trak Weblogs that reference this entry
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